La salade est l’un des légumes qui contient le plus de résidus de pesticides.
L’association Générations futures montre qu’on y trouve même des susbstances interdites. Nombre de ces produits chimiques sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens.
L’enquête
Depuis 2013, l’association Génération futures alimente le dossier « exposition aux pesticides perturbateurs endocriniens ». Les résultats de la dernière campagne d’analyses, révélés mardi, jettent de vilaines pierres dans le jardin des producteurs de laitues, batavias, scaroles, mâche et autres roquettes.
L’enquête, réalisée à partir d’échantillons achetés dans des grandes surfaces, confirme que la salade est l’un des légumes qui contiennent le plus de résidus de pesticides. On en trouve dans quatre salades sur cinq. En moyenne, chacune renferme quatre substances différentes, les fongicides arrivant en tête.
La découverte
La suprise de cette enquête, c’est que parmi les 25 matières actives identifiées dans les 31 échantillons testés, certaines sont absolument interdites. Plus d’une salade sur 6 recèlent l’un de ces produits prohibés.
« On note la présence de DDT dans deux échantillons (6,45% de l’ensemble), matière active totalement interdite en usage agricole en Europe et, dans trois échantillons, de quatre matières actives interdites sur les salades en France (cyproconazole, imidaclopride, mandipropamid, oxadiazon) », affirme Générations Futures. En 2013, l’ONG avait testé des échantillons de fraises qui contenaient, eux aussi, des substances interdites.
Le risque
L’objectif poursuivi par Générations futures est « d’alerter nos dirigeants sur la nécéssité de prendre des mesures immédiates et fortes pour réduire l’exposition des populations aux pesticides et particulièrement ceux suspectés d’être des perturbateurs endocriniens ».
Plusieurs centaines de molécules issues de l’industrie chimique, et présentes dans notre environnement quotidien, sont soupçonnées de perturber les glandes endocrines (qui sécrètent les hormones). Cancers, diabète, obésité, diminution de la fertilité, malformations congénitales, retards de développement de l’enfant, puberté précoce, problèmes cardiovasculaires, troubles mentaux sont des effets potentiels des perturbateurs endocriniens.
Les limites
Générations futures reconnaît qu’elle n’a trouvé aucune salade dépassant les limites maximales autorisées (pour les pesticides qui ne sont pas interdits). Toutefois, ces doses maximales, censées limiter les risques toxiques, ne sont pas forcément adaptées.
L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) explique que « les effets des perturbateurs endocriniens ne passent pas tous par des mécanismes de toxicité classique (dysfonctionnements ou mort cellulaire). Certains effets perturbateurs endocriniens n’apparaissant qu’à de très faibles niveaux de concentrations. »
En outre, le porte parole de Générations futures, François Veillerette, souligne que « l’effet cocktail » n’est pas pris en compte dans les analyses de toxicité: mélangées à d’autres, certaines molécules voient leurs effets augmentés.
Les demandes
L’ONG appelle les autorités françaises à « une action forte » pour faire cesser l’utilisation « inacceptable » par les maraîchers de pesticides interdits. Génération futures taxe aussi la Commission européenne « d’immobilisme » parce qu’elle tarde à interdire la mise sur le marché des pesticides contenant des perturbateurs endocriniens. Elle l’accuse d’être soumise au « lobby de l’agro-chimie » qui entend prolonger le plus longtemps possible la commercialisation de ses produits.
Serge POIROT
http://www.ouest-france.fr/alimentation-des-pesticides-interdits-dans-les-salades-3706775


